samedi 14 juin 2008

J'ai lu... L'homme qui marche



"Qui prend encore le temps, aujourd'hui, de grimper à un arbre en pleine ville? D'observer les oiseaux, de jouer dans les flaques d'eau après la pluie? D'aller jusqu'à la mer pour lui rendre un coquillage? L'homme qui marche, à travers ses balades souvent muettes et solitaires, nous invite à partager le bonheur de déambuler au hasard."








Ceux qui me connaissent bien doivent être surpris de trouver de la BD japonaise sur mon blog... faut dire que je suis une irréductible de la BD franco-belge (snif, ma montre Tintin est toute cassée...).

J'ai décidé de sortir de mon ignorance en la matière, et puis cette BD-ci ne me donnait pas l'impression de regorger de combats de super-héros en tous genres, donc j'ai essayé. Verdict? J'ai été... charmée.

Vous êtes amateur de sensations fortes, de scènes d'action enlevées, de rythme soutenu et de scénario alambiqué? Alors... passez votre chemin, L'homme qui marche va vous gonfler.



Le héros, c'est lui. La quarantaine, bientôt bedonnant, il est placide voire mou.

L'histoire? En fait, je devrais dire "les histoires", car la BD est composée de scénettes de huit planches chacune. Ces scénettes sont indépendantes les unes des autres, même si au final on tourne toujours autour du même thème: l'homme qui marche. Une scénette correspond à une promenade.

Que les traumatisés de Rousseau se rassurent: on est très loin des Rêveries du Promeneur Solitaire ;-)


Le travail de Taniguchi sur le sensoriel est absolument fabuleux: l'homme qui marche fait partie intégrante de son environnement. C'est d'autant plus frappant que l'auteur fait ici appel à une part de "mémoire sensorielle collective": nous avons tous en mémoire la sensation de sauter dans une flaque, de marcher pieds nus sur un muret, de se prendre une grosse averse sur le crâne, ...

Par je ne sais quel tour de passe-passe, Taniguchi nous entraîne d'un souvenir sensoriel à un autre. Qu'il est agréable de se laisser faire! La notion de temps elle-même s'efface pour nous laisser vivre l'instant présent en toute simplicité.

On porte alors un regard différent sur le héros, que l'on trouve bien attentif à ce qui l'entoure. Je l'envie presque, car son rapport à l'environnement et aux hommes est celui que nous aimerions tous avoir: spontané et simple. Un sentiment très rafraîchissant et très "zen attitude".

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