
On l'a fait. En 2006, on a acheté un appart, dans lequel nous vivons aujourd'hui. Ça a été une décision difficile: est-ce qu'on va s'y plaire? est-ce qu'on ne se fait pas avoir? est-ce qu'on pourra revendre facilement? Aujourd'hui, ce n'est pas que je regrette notre choix, mais je m'interroge sur les raisons qui ont fait que nous avons décidé un jour de devenir propriétaires.
Pour une raison que j'ignore, il y a beaucoup de pression autour de l'achat immobilier, ça peut même être une fin en soi pour certains: devenir propriétaire. Cette pression, elle vient d'abord des générations qui nous précèdent: leur expérience leur a prouvé qu'il fallait devenir propriétaires le plus vite possible dans la vie; ils ont probablement raison, et je dirai probablement pareil dans trente ans.
Ensuite, il y a comme un phénomène de mode, qui consiste à décréter que tout bon trentenaire qui se respecte se doit d'acquérir un bien immobilier. Il y a comme une gêne à avoir plus de trente ans et dire qu'on est locataire: on se sent obligé de se justifier.

Beaucoup de personnes m'avaient dit: "tu vas voir, c'est génial la sensation d'être vraiment chez soi; enfin la liberté, la vraie!". Allez, je l'avoue... je n'ai jamais jubilé à l'idée d'être chez moi (pour résumer, je m'en fous). Faut dire, c'est seulement dans 23 ans qu'on en sera vraiment propriétaires! En plus, je suis de plus en plus persuadée que l'idée de liberté systématiquement associée à l'accession à la propriété est franchement idyllique, voire carrément fausse.
Ce n'est pas parce qu'on est propriétaire de son logement que l'on peut y faire ce que l'on veut. Par exemple, si l'envie me prenait de faire installer une clim (une vraie) eh ben, non, pas le droit. Plus grave: si l'envie me prenait de changer d'air, de trouver un autre logement, eh ben non: faut attendre les sacro-saintes cinq années si je ne veux pas recevoir le coup de massue des impôts. Quand j'étais locataire, je râlais, mais je ne me rendais pas compte que je jouissais d'une plus grande liberté: quand l'appart ne me plaisait plus, j'en trouvais un autre, tout simplement!
Et ce n'est pas non plus parce qu'on est propriétaire qu'on est d'office immunisé contre les voisins chiants, hihihi.

L'arrivée de Lucas a adouci un peu mon point de vue sur la question: aujourd'hui, je suis contente qu'on ait acheté l'appart parce que quand on partira au moins on laissera quelque chose à Lucas. Pas très gai, je vous le concède, mais ces choses-là il faut y penser. Je ne ferai pas marche arrière pour cette unique raison.
Mais malgré tout je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ceci a quelque chose de ridicule: ok c'est bien de penser à l'avenir, ok c'est sage et réfléchi, ok il faut penser à la retraite (rhô la déprime), ok quand on est locataire c'est de l'argent jeté par les fenêtres. Inutile de me sortir tous ces arguments, je les connais et en plus je suis forcément d'accord (question de bon sens).
Mais pendant que je joue à la petite fourmi qui épargne, je vis dans un cadre qui est moins bien que celui que nous pourrions avoir pour le même prix en location. Pendant que la petite fourmi épargne, les années passent, et je refuse de penser que je vis mes années d'aujourd'hui uniquement dans l'optique de vivre bien plus tard. C'est bien simple: je veux vivre le mieux possible tout le temps. Épargner maintenant? D'accord. Mais quand en profiterai-je?... quand je serai probablement trop vieille pour vraiment en profiter. Ainsi va la vie ;-)

2 commentaires:
Rares sont ceux qui ont pu se construire ou acheter la maison qu'ils souhaitaient en premier achat. Mais au moins c'est un début, dis-toi que ça te permettra d'acheter plus grand et mieux plus tard (enfin, en principe c'est comme ça que ça fonctionne)
Plus grand et mieux plus tard? Je l'espère... mais j'avoue que le marché toulousain me semble plus qu'incertain!
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