jeudi 16 octobre 2008

Chez le coiffeur



Je ne suis pas un exemple de féminité: je parle comme une poissonnière, je marche comme un homme avec les mains dans les poches, j'aime les jeux vidéo, je ne me démaquille pas le soir, je ne sais pas ce que c'est qu'une manucure, ni ce que c'est qu'un soin de la peau et... je recule jusqu'au dernier moment avant d'aller chez le coiffeur.

Une véritable corvée. Il faut dire, chaque fois que je vais chez le coiffeur, je trouve ça long et cher, et le pire c'est que je ne suis jamais contente quand je sors de là, à un point tel qu'en général je me lave les cheveux dès que je rentre chez moi. Et s'il y a bien un truc qui m'horripile, c'est quand tout le monde vous dit "oh, t'es allée chez le coiffeur?".

Je n'y étais pas allée depuis euh... huit mois (hou la honte), donc honnêtement je ne ressemblais plus à grand-chose (pire que d'habitude, si si!). Bref, lundi j'ai prévenu Sam que je rentrerais probablement tard pour cause de coiffage probablement raté.

L'air passablement résigné, je débarque donc chez mon coiffeur "habituel" (tu parles, une fois par an!), en demandant une coupe et une couleur (ben oui, contre les cheveux blancs qui commencent à s'inviter et les cheveux tout abîmés couleur queue-de-vache, il faut sortir l'artillerie lourde). "Mais bien sûr madame, installez-vous, vous allez me dire ce que vous voulez."

Quand j'y repense, je me dis que je n'ai probablement pas été assez précise dans ma réponse: "Ben euh, on va rafraîchir le semblant de coupe qui me reste, et puis il faudrait faire une couleur, plutôt foncée avec quelques reflets un peu plus clairs". Vous ne trouvez pas ça limpide, vous? Moi si. Hum. Elle me sort donc son "catalogue de cheveux": vous savez, une sorte d'album qui contient tout plein de mèches de cheveux de plein de couleurs différentes, comme quand on choisit sa tapisserie.

Très honnêtement, c'est elle qui a choisi, parce que dès que je montrais une couleur du doigt elle me disait que ça ne m'irait pas. Boarf, après tout, c'est son métier, elle sait de quoi elle parle, non? En tout cas, c'est comme ça que je vois la chose: posez-moi toutes les questions que vous voulez sur le stockage des données ou sur l'administration d'un serveur Linux, mais par pitié ne me demandez pas de dire pourquoi telle couleur de cheveux va mieux que telle autre. Elle avait l'air de maîtriser son sujet, et ça m'arrangeait bien.


Et c'est parti pour les "mèches": eh ben oui, il paraît que ça s'appelle comme ça. On vous prend plein de mèches de cheveux par-ci par-là, on les badigeonne d'une sorte de glu violette (j'ai cru qu'elle me faisait des mèches bleues, ça m'a fait doucement rigoler), puis on les enferme dans des papillotes de papier alu. Je vous dis pas la tronche. Ri-di-cu-le. C'est typiquement dans ce genre de moments que vous regrettez d'avoir choisi un salon de coiffure dans le plus grand centre commercial du coin, où vous avez le plus de chances de tomber sur quelqu'un que vous connaissez!

Il faut savoir un truc sur mes cheveux: ils sont très épais, et très nombreux. Le cauchemar des coiffeurs. "Oh, je vais être obligée de mettre une double-dose de produit". Celle-là, je l'attendais, on me fait le coup à chaque fois. Pas de souci, j'assume ma pilosité. La pauvre coiffeuse, j'avais presque pitié, elle n'en voyait pas le bout.

Les mèches, c'est comme une marinade: il y a un temps de pose à respecter. La gentille coiffeuse me propose de la lecture pendant que je sens l'effet corrosif du produit ronger mon scalp. Devant mon air médusé quand elle a sorti sa pile de magazines Voici-Gala-Closer-La-vie-des-stars-je-m'en-fous, elle m'a trouvé un vieux magazine poussiéreux de déco intérieure. Soupir.

Bref, je feuillette distraitement mon magazine, tout en essayant de me remémorer le choix de la couleur dans le catalogue de cheveux: qu'est-ce qu'elle a dit qu'elle me faisait comme couleur, déjà? Pour la base, je me souvenais que c'était couleur "chocolat", mais pour les fameuses mèches, je ne me souvenais plus très bien.

La marinade prend fin, on me rince les cheveux, on me les lave, hop on m'enveloppe la tête dans une serviette. Je n'ai toujours pas vu ma tête. Pendant que la coiffeuse s'affaire à ranger tout son bazar, je demande d'un air que je veux le plus détaché possible: "Ça va, la couleur a bien pris?" Réponse: "Oui". Pour une fois que je tombe sur une coiffeuse pas bavarde. J'avoue que je sentais un peu le stress monter: "mais qu'est-ce qu'elle m'avait dit déjà, comme couleur pour les mèches"?

Elle a enlevé la serviette.

"OH!"

Le cri de surprise est sorti tout seul.

Blonde. Je suis devenue blonde. Moi. Blonde.


Ah ça, au moins, ça avait le mérite d'être original. Sur le coup, j'ai presque regretté les mèches bleues.

J'ai senti le fou rire monter, mais je préférais attendre de voir ce que ça donnerait sur cheveux secs. J'ai donc patiemment attendu qu'elle me coupe les cheveux et qu'elle me fasse l'interminable et insupportable brushing. Finalement, je ne suis pas blonde: je suis châtain, avec des mèches blondes. Surprenant et inattendu.

Pour une fois, les gens ne me disent pas "tiens, t'es allée chez le coiffeur", non maintenant ils font "OH!". Net progrès. J'avoue qu'il m'arrive encore d'avoir les pupilles qui se dilatent d'un coup quand je me vois dans un miroir. Mais après tout, je trouve que ça me donne un air un peu fofolle que je trouve rigolo.

On ne se refait pas :-)

2 commentaires:

Christian a dit…

LOL ! Blonde, ça aurait été.... inattendu ! :)

Mais c'est quoi ça ? tu ne fais languir et pas la moindre illustration "pour de vrai" ? ;)

Anonyme a dit…

Photo stp soeurette. C'est juste pour rigoler.