vendredi 7 novembre 2008

La fin d'une ère



Je suis une internaute enthousiaste: j'aime bien m'occuper de mon blog, de mon site web, je ne fais pratiquement plus aucun courrier "papier", je lis les news sur Internet, mes recettes de cuisine proviennent toutes du web, quand je cherche ma route je ne m'embarrasse pas d'une immense carte impliable, et quand je me pose une question (de quelque ordre que ce soit) mon premier réflexe est inévitablement de demander à l'ami Google... Bref, je fais incontestablement partie de ces gens qui ne savent pas "comment ils faisaient" avant Internet.

Il y a cependant encore certaines lectures que je préfère au format papier: je suis incapable de lire un livre à l'écran, une BD non plus, et puis pour être honnête j'aime l'odeur du papier, trimballer un ou deux magazines quand je voyage, bouquiner aux toilettes (quelle élégance), laisser mes doigts courir le long de nos rayons de BD pour en saisir une au pif et la relire avec plaisir. Je continue donc bien sûr à acheter les livres au format "tangible" et je suis abonnée à plusieurs magazines papier.

En ouvrant ma boîte aux lettres (la vraie) hier, j'étais toute contente de voir que j'avais reçu un numéro de l'un de mes abonnements. Mais quand j'ai ouvert... Au lieu de trouver un exemplaire de mon magazine Bodoï (spécialisé dans les bandes dessinées), j'ai reçu un exemplaire de Dbd, le concurrent de Bodoï. J'ai d'abord cru à un appel du pied de la part de Dbd (vous savez, l'appel du genre "eh psssssittttt vous aimez les magazines de bd? regardez notre zoli magazine), mais c'était sans compter la lettre qui accompagnait ce numéro de Dbd, une lettre à entête Bodoï.


Cette lettre, très longue lettre, rédigée par le directeur de la publication de Bodoï, m'a touchée. Il y explique en termes très simples et clairs que Bodoï a dû faire face à un certain nombre de crises, tant et si bien que la publication du mensuel papier s'arrête. Attention surprenante, ils ont passé un accord avec leur concurrent, Dbd, qui va m'envoyer son mensuel jusqu'à la fin de mon abonnement.

Je n'ai rien contre Dbd, c'est un bon magazine. Mais cela faisait si longtemps que je lisais Bodoï (je crois que j'ai commencé en 2000), j'ai comme un sentiment de perte, comme si on m'avait dépossédée de quelque chose qui avait sa place (même petite) dans ma vie. La rubrique du pinailleur me manque déjà, et je ne parle même pas de la bonne humeur de Lou, Petra et Alizée (elles avaient déjà disparu depuis quelques numéros, de toute façon). Et si la lettre de Bodoï m'a touchée, c'est aussi parce que je sais que derrière les mots "situation très déficitaire" et "décision radicale" il y a certainement dû y avoir beaucoup de déception, de tristesse et peut-être même de souffrance pour les employés de Bodoï.

J'aurais pu intituler mon article "la fin d'un magazine", mais si j'ai choisi "la fin d'une ère", c'est parce que le courrier de Bodoï était également porteur d'un message de renouveau: Bodoï ne meurt pas, il se pixélise. Amis bédéphiles, voici donc une URL à ajouter à vos favoris: www.bodoi.com, si vous ne l'avez pas déjà. Allez, même si je suis déçue et un peu en colère... longue vie à Cyber-Bodoï!

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