dimanche 11 janvier 2009

Le métier qui rentre... 2


Lentement (très lentement) mais sûrement, le relooking de notre cuisine avance. C'est encore plus long que je ne pensais, puisque j'ai réalisé qu'il fallait que je rajoute deux couches de vernis sur chaque élément pour que la nouvelle peinture résiste un minimum à tous les coups, chocs et accrocs que peuvent subir les meubles d'une cuisine. Mais passons, ce n'est pas là le sujet.

Ce qui rallonge aussi considérablement le temps de mes travaux, c'est que j'ai une fâcheuse tendance au perfectionnisme. Rien de pire pour quelqu'un qui entreprend des petits travaux de rénovation, n'est-ce pas... je suis en train d'inventer un nouveau supplice digne de la mythologie grecque. Après le Supplice de Tantale et le Supplice de Sisyphe, voici le Supplice de Feldwyn: rénover un appartement de 1970. Nombreux sont ceux qui préféreraient pousser la pierre dans la côte éternellement!

Comme le nouveau look de la cuisine est composé de deux couleurs, je masque certains éléments avec du scotch spécial pour éviter les débordements intempestifs. Comme la peinture était bien sèche et que j'avais fini une zone, j'ai enlevé les scotchs. Résultat sympathique... tant qu'on n'y regardait pas de près. Mais regarder de près, c'est ce que je fais de mieux (on ne se refait pas), j'ai donc remarqué que le scotch n'avait pas été positionné aussi bien que je le pensais, il fallait donc faire une petite retouche: un trait de 5 cm de long, sur 1 mm de large. Ça vous paraît minime? Peut-être, mais une fois qu'on l'a vu on ne voit plus que ça... Euh, même si pour voir ce défaut il faut monter sur une chaise, coller son visage contre le placard et regarder dans l'angle en bas. Hum.

Seulement voilà: pour mes menus travaux j'ai fait l'acquisition d'un peu de matos, mais rien pour faire une retouche aussi fine. C'est là que mon cerveau fantasque a fait "tilt": après tout, je vis avec un dessinateur! Et des pinceaux, il en a tout plein dans son meuble à beaux-arts! Arf zut, mon homme n'est pas là, je vais devoir attendre son retour pour avoir un pinceau. Rhâââ c'est ballot, juste pour une petite retouche de rien du tout, devoir poireauter pendant des plombes! Euh... ai-je mentionné que la patience ne figurait probablement pas au top-five de mes vertus?

J'ai ouvert le meuble à beaux-arts, "juste pour voir, hein". Je sais, je n'aurais pas dû. Pô bien. Des pinceaux, il y en avait tout un régiment. Super! Je ne suis pas quelqu'un de foncièrement méchant, donc je me suis mise en quête du pinceau le plus pourri que je pourrais trouver dans ce meuble. Et je l'ai trouvé: tout miteux, le manche tout bouffé par les dents probablement affamées et acérées de mon homme, tout plein de tâches de peinture toutes vieilles sur le manche. Bref: une merveille pour le peintre de pacotille que je suis!



Et hop, ni une ni deux, j'ai fait ma petite retouche, le pinceau a rempli son office à la perfection. C'est donc avec satisfaction que je l'ai ensuite soigneusement rincé puis laissé sécher, me promettant d'en parler à Sam dès qu'il rentrerait... Euh, une chose en entraînant une autre, j'ai oublié de lui en parler. Et le pinceau est resté là, dans le bac à couverts, puisque c'est là que je l'avais fait sécher.

Deux jours après, je montre à Sam un bouton de porte que je suis en train de repeindre, et je lui suggère d'y ajouter un fin liseré de couleur différente (histoire de me rallonger un peu la durée des travaux, on sait jamais ça pourrait aller trop vite à mon goût, hein). Sam, tout attentionné, se propose gentiment de me dégotter un pinceau pour faire le liseré.

Et moi de rétorquer, presque fière de m'être débrouillée sans sa précieuse aide: "Ah mais t'inquiète, je me suis permis de t'en emprunter un."

Aurais-je décelé un soupçon d'inquiétude dans la voix de Sam quand il m'a demandé de lui montrer le pinceau en question?

Toujours aussi sûre de mon coup, je poursuis: "Pas de souci, j'ai pris le pinceau le plus pourri que je pouvais trouver".

Là c'est sûr, ce n'est plus un soupçon d'inquiétude. C'est carrément la tête du gars qui se prépare à l'annonce d'une catastrophe. Je ne me souviens plus très bien, mais je crois qu'il a juste dit "Aïe".

J'ai pointé un doigt timide sur le pinceau tout pourri qui séchait piteusement à côté des couteaux et fourchettes. L'objet désigné a été accueilli par un gros éclat de rire.

Comment pouvais-je deviner que ce pinceau tout naze qui ne ressemblait à rien était en fait:
- un pinceau à aquarelle,
- qui était tout sauf un pinceau de base bon marché,
- fabriqué à base de poils de je ne sais plus quelle bêbête,
- qui, s'il était utilisé pour autre chose que de l'aquarelle, était tout simplement foutu (alors de la peinture à cuisine, je vous raconte pas),
- dze pinceau fétiche qui, après quinze ans de bons et loyaux services, allait finir tristement sa brillante carrière artistique relégué au fond d'une modeste cuisine, manié par une novice, je devrais même dire une hérétique en peinture...

Dépitée. Confuse. Au bûcher, l'hérétique!

C'est vrai qu'en y regardant de plus près... j'avais trouvé ça un peu bizarre les petits liens métalliques. Je m'étais justement dit que je n'avais jamais vu ça sur mes pinceaux en cours de dessin au collège (bonjour la référence). Tiens, je vous mets le zoom pour que vous puissiez juger par vous-même.



Que dire d'autre que... GROUMPF et RE-GROUMPF!

1 commentaire:

Renrakoo a dit…

hihihi!

mort de rire!

mais bon, quoi de plus appréciable pour un pinceau de cette classe que de réaliser les tâches de finition et de précision d'une si jolie rénovation?

car c'est là la fonction d'un beau pinceau que de peindre de belles choses.

nul regret donc.

par contre faudra qu'on redéfinisse ensemble le concept de "pourri" dans le matos technique de dessin.

On ajoutera une mention "très utilisé", pour éviter l'amalgame ;))

^_^