mercredi 27 août 2008

Fascinante Bretagne: Fière Lorient



La première fois que nous avons traversé Lorient en voiture, j'avoue avoir un peu fait la grimace: 85% de la ville ayant été détruit lors de la seconde guerre mondiale, la ville a clairement un look des années 50. Et on connaît le style architectural des fifties: assez particulier, quand même.



Bref, j'allais classer Lorient dans la catégorie "bof on zappe", jusqu'à ce qu'on participe à une excursion.

L'après-midi était organisée en deux parties: tout d'abord la visite de Kéroman (base sous-marine), puis une promenade en bateau sur la rade de Lorient.
Je n'avais jamais visité de base sous-marine auparavant, et j'avoue que j'ai été impressionnée.


Petite déception pour ma part: le sous-marin qui est là ne se visite pas. Groumpf :-(

Cette base, aujourd'hui désaffectée, avait été construite par les Allemands dès le début de l'Occupation. Pas loin de 15.000 ouvriers ont travaillé à l'édification des trois bâtiments (K1, K2 et K3). C'est une véritable forteresse qui voit le jour, rapidement Kéroman acquiert une réputation d'indestructibilité: malgré le feu nourri de la Royal Air Force, la base semble ne présenter aucune égratignure, alors que la ville est dévastée par les bombes, transformée en véritable champ de ruines. En temps de guerre des décisions difficiles sont parfois prises: sacrifier Lorient a été le choix des Alliés.

Cet endroit mystérieux (c'est l'impression que ça m'a donné, en tout cas) regorge d'anecdotes, dont voici quelques échantillons. Les pans de ciment qui ont servi à monter les murs intérieurs ont été coulés dans des moules en bois, le ciment a pris les nervures et les noeuds du bois, tant et si bien qu'on a vraiment l'impression que les murs sont en bois et qu'on est obligé de toucher pour s'assurer que c'est du béton. Pendant un mois en 1943, les bombardiers britanniques ont largué plus de 4000 tonnes de bombes sur la ville, sans parvenir à entamer la base.


La sinistre épave qu'on voit sur cette photo, c'est l'un des deux bateaux volontairement coulés par les Allemands juste devant la base pour la protéger des torpilles alliées. Ambiance... Autant vous dire que ça fait drôle de frôler ces deux épaves qui sont à fleur d'eau, j'ai trouvé ça franchement lugubre!

Les anecdotes cèdent parfois la place aux rumeurs les plus folles: le big boss Allemand de la base ayant une superbe résidence de l'autre côté de la rade, il paraîtrait qu'un tunnel secret relierait la base et le manoir. Mais chut, rien n'a été découvert encore, et puis de toute façon comme d'hab il doit y avoir un dragon qui garde l'entrée ;-)


La visite de la rade a été très agréable, et je n'ai même pas été malade, incroyable! On a bien entendu vu tout plein de bateaux, et de toutes sortes. On a assisté de loin à un déchargement de cargo, par des sortes de grues aspirantes: les remplaçants des dockers.

On a également un peu mieux vu la Tour de la Découverte, que j'avais bêtement prise pour un phare au début (rhô le boulet), et qui se remarque pour deux raisons: c'est dze point culminant de la ville (vue panoramique sympa, paraît-il), et surtout elle fait tache parce qu'elle date du XVIII° siècle (elle a échappé au massacre de la seconde guerre, une vraie miraculée).


Avec surprise, nous avons découvert un navire furtif en construction ou réparation, il n'y a pas si longtemps il aurait été caché à la vue du public, là nous avons même pu le prendre en photo. Tout un symbole! L'Enclos de la Marine, véritable fief militaire, s'ouvre peu à peu: les Lorientais peuvent à nouveau circuler dans ce quartier, ils se réapproprient un morceau de leur ville.




Enfin, nous avons été vivement impressionnés par ces épaves enchaînées en entrée de l'arsenal: navires militaires abandonnés là pour servir de brise-lames, ils sont devenus une véritable oasis pour tous les volatiles du coin!


Difficile de résumer cette journée dans un article de blog... Il y manque tellement de choses: la passion du guide qui était un marin (et une femme!), l'acharnement des Lorientais à sauver leur ville, l'ambiance si particulière du port, les graffiti des pêcheurs en colère qui vous disent qu'ils sont en train de crever, l'armée qui rappelle les vestiges de sa présence passée à tous les coins de la rade, la grosse balafre laissée par l'histoire sur la ville.

Par bien des aspects, Lorient n'est pas sans me rappeler Dunkerque, où j'ai vécu deux ans et dont je ne garde que des bons souvenirs.

Est-il utile de conclure en disant que j'ai revu mon premier jugement sur la ville de Lorient? C'est bien simple, cette ville m'a touchée. J'espère sincèrement pouvoir y retourner un jour... histoire de m'y attacher encore un peu plus ;-)

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