vendredi 2 janvier 2009

Le métier qui rentre



J'ouvre la parenthèse qui s'impose:
Bonne année tout le monde!
Fermeture de parenthèse



Il faut savoir que depuis mon dernier article sur le bricolage, je m'y colle tous les soirs: petit à petit, trèèèèèès doucement, le relooking de la cuisine avance.


Un véritable rituel immuable s'impose chaque soir: je bois mon café, je protège la table de la cuisine avec une toile cirée dédiée à mes travaux, je pose du scotch de protection sur les zones que je ne veux pas peindre ou qui ont déjà été repeintes, je peins les quelques petites zones préparées, puis je nettoie consciencieusement rouleaux et pinceaux, avant de remballer le tout.

Chaque petite porte, chaque petit pan de mur, chaque baguette d'angle demande un travail en plusieurs étapes. Ainsi, une porte de placard n'est prête qu'au bout d'une bonne semaine: pour chaque côté, une sous-couche est suivie de deux couches de peinture (une couche ou sous-couche par jour pour laisser le temps de sécher), et enfin quand les deux côtés sont peints, la pose du gond, des caoutchoucs de protection (vous savez, les caoutchoucs qui assourdissent le "clac" quand on referme la porte) et d'une nouvelle poignée de porte vient finaliser le tout. Comme je vous le disais: un véritable rituel, un travail de fourmi qui demande de la patience... à toutes les personnes qui partagent la cuisine :-)

Il m'est donc arrivé de vouloir accélérer un peu les choses, parce qu'après tout il faut bien avouer que je m'inquiète un peu quant au résultat final: je n'ai aucune idée de ce que ça va donner! Bien mal m'en a pris. Je devrais relire mes classiques: je suis sûre que je pourrais tirer grand enseignement de la fable Le lièvre et la tortue, par exemple... Hum.

C'était la fin de l'après-midi, Sam travaillait sur sa BD, piti Lucas était occupé à essayer de faire avancer son vélo sans maman qui pousse derrière, l'occasion me paraissait idéale: je pouvais en profiter pour peindre une ou deux portes!


Pleine d'enthousiasme et de bonne volonté, hop je sors les pinceaux, les pots de peinture, la toile cirée, bref tout l'attirail habituel. Je me doute que la trêve n'est que de courte durée (Lucas me sollicite assez souvent), je me précipite donc un peu... voire un peu beaucoup.

C'est une scène que j'aurais aimé voir en film, vous savez une séquence en ralenti, sur fond de musique dramatique, puis zoom sur la tronche finale, et enfin le juron avec une voix super grave et molle parce qu'elle est déformée par le ralenti.

Je suis au milieu de la cuisine, je cours un peu partout. Je tiens dans ma main droite un pot de peinture (de la sous-couche qui sèche en vingt minutes), le pot est bien évidemment ouvert. Un geste maladroit comme il nous arrive tous les jours d'en faire, le pot me glisse des mains.

Premier juron.

Me rendant compte que ça va faire des dégâts, je fais mon possible pour interrompre la chute du pot. C'est encore pire: mon geste désespéré donne une impulsion vrillée au pot, qui se met à faire un triple-salto arrière. Très joli.

Second juron.

Le pot, visiblement satisfait de sa prestation, veut terminer en beauté par un salut final. Il tombe tout droit par terre. Tellement droit qu'il n'a pas rebondi. "POC". Le choc au fond du pot a créé une onde de choc, toute la peinture ou presque sort du pot, droite comme un "i". Un véritable geyser... qui s'est terminé par un "SPLARTCH" à la fois humide et claquant.

Troisième juron... précurseur de toute une série.

Pour une raison qui m'échappe encore aujourd'hui, j'ai été moi-même totalement épargnée. Par contre, pour ce qui est de la cuisine... La liste des sinistrés est longue.

Le carrelage. Le frigo. La porte du cellier. La tapisserie. Les rideaux. L'évier. La poubelle. Les portes des meubles de la cuisine (ça tombe bien, je devais les repeindre). La partie du mur de la cuisine qui avait déjà été repeinte.

Et le pire: le lave-vaisselle... ouvert. Et plein de vaisselle bien entendu.

C'est dans ces moments-là que l'on regrette d'avoir choisi un enduit qui sèche en vingt minutes.

Et le clou du spectacle: piti Lucas déboule dans la cuisine, voit les dégâts, puis se tourne vers moi avec un sourire jusqu'aux oreilles: "Bêtises, maman?".

Groumpf.

2 commentaires:

Christian a dit…

mdr

Non, je sais, je devrais pas, mais voilà, la scène est tellement bien décrite que je ne peux me retenir de rire !
J'imagine que tu dois moyennement rigoler mais bon... comme tu dis, c'est le métier qui rentre !

Et c'est en repeignant toute la cuisine que tu deviendras peintre ! :p

Anonyme a dit…

Wow. Donc déjà Feld', bonne année :D ! Hum... euh... voilà ça c'est dit...
Remarque vaut mieux que je le dise maintenant qu'avant ça non ?

En tout cas c'est vrai que c'est tellement bien (d)écrit qu'on s'y croirait. Ça me fait même penser à un court-métrage d'animation, comme ceux que les studios Pixar mettent tout le temps avant leurs films. Classique mais tellement efficace !
Je te souhaite bien du courage pour la suite en tout cas ;-).