lundi 20 avril 2009

Coucou les coin-coin!



J'aime bien le lac de la Ramée tôt le matin. Ça sent bon le frais, l'eau du lac est calme et limpide. Et surtout, on n'y trouve pas tous les casse-pieds bruyants qu'on y subit l'après-midi.

Les seules personnes que vous croisez sont les courageux qui font leur footing du week-end. Une population discrète et, par définition, éphémère :-)

Nous allons régulièrement nous promener au bord de ce lac qui est à deux pas de chez nous, histoire de commencer le week-end par une ambiance fraîche, aérée et souriante. Généralement, je prends avec moi des restes de vieux pain dans un sac, pour donner aux canards.

Inutile de vous dire à quel point piti Lucas apprécie ces séances de gavage de canard. Il veut à tout prix le faire lui-même... même si les canards sont parfois un peu surpris de recevoir le morceau de pain sur la tête, ou encore de voir amerrir un morceau de pain de dimensions telles qu'il serait passé inaperçu parmi les pavés de mai 68.

Coucou les coin-coin! Quelle joie de les voir se précipiter à votre rencontre, avides de goûter ce pain (du fait maison, en plus!), en pleine harmonie avec ce paysage si reposant.

Lorsque les canards font la tronche, nous jouons à lancer des cailloux dans l'eau, essayant de faire le plus de rebonds possible.

C'est un moment privilégié. Il n'y a que la nature et nous. Pas de parasites, pas de distractions, juste nous. Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh...


Mais voilà que... patatras.

Je n'arrête pas de me remémorer la scène, fouillant, essayant de trouver le moment où je me suis plantée, le moment où j'aurais dû prévoir.

Je revis cette scène sans cesse.

Je me penche pour choisir un beau caillou pour le donner à Lucas, et quand je relève la tête... je me rends compte que Lucas s'est avancé dans l'eau.

Un pas. Deux pas. Il se laisse tomber à plat ventre, les bras ouverts, comme s'il avait envie d'accueillir l'eau. Clairement l'attitude de quelqu'un qui a envie de prendre un bon bain.

A peine a-t-il mis la tête sous l'eau que je le vois en train de pleurer, sur la terre ferme. Il va bien, c'est tout ce qui compte. J'essaie de comprendre ce qui vient de se passer, et je me rends compte que mes jambes sont trempées, mes escarpins font maintenant "plitch ploutch" à chaque pas. Pas la peine de vous faire un dessin, je pense.

Quand j'ai fait part de cette scène à mes proches, j'ai eu deux réactions différentes: les uns ont rigolé franchement, les autres ont eu l'air catastrophé.

Mon sentiment à moi? Je ne me sens pas bien.

Les questions tournent et retournent sans cesse dans mon cerveau (très habitué à ce genre d'exercices, d'ailleurs): que serait-il arrivé si je n'avais pas été là? que va-t-il lui arriver si nous ne sommes plus là? comment ai-je pu être assez nulle pour qu'il plonge dans l'eau comme il l'a fait? suis-je une mère totalement irresponsable?

J'ai mis du temps à l'admettre (environ... 20 ans), mais je sais maintenant que le temps finit par adoucir les choses, et je sais qu'un jour je rigolerai de ma mésaventure. Mais en attendant... c'est le retour en grande pompe des insomnies et du doute.

2 commentaires:

Unknown a dit…

Nous ne sommes pas des machine infaillibles... Nous faisons des erreurs et heureusement que nous avons l'intelligence d'apprendre de celles-ci pour avancer. Quand l'enfant commence à s'émanciper il faut l'aider en l'informant des dangers qu'il y a autour. Prends cet évènement comme une petite alarme :)

Feldwyn a dit…

Je suis d'accord avec toi, cela fait partie de mon apprentissage de maman.
Mais il est vrai que pour l'instant la cicatrice est encore trop fraîche, je ne parviens pas à prendre du recul par rapport à cet incident. Mais je sais que ça viendra :-)