vendredi 3 avril 2009

Sur les traces de Rome



Il aurait été dommage que nous ne profitions pas de ces quelques jours de vacances dans le Gard pour passer à Nîmes et au Pont du Gard.

J'ai été charmée par Nîmes, le peu que j'en ai vu me fait dire que c'est une belle ville. Les grandes allées sont bordées d'arbres au feuillage tout fin et tout flou, ce qui donne un effet général de douceur très agréable et esthétique.

La circulation n'est pas très facile: entre les innombrables feux (tous rouges, bien entendu), les multiples voies à sens unique et les nombreux travaux (ça, c'est l'effet "basse saison"), on met un temps infini à aller d'un point à un autre.

La petite anecdote ridicule: j'ai demandé à plusieurs reprises où se trouvaient les Arènes, alors que je les avais sous le nez. Il faut dire que je m'attendais à quelque chose de plus impressionnant et de plus grand. C'est bien plus impressionnant quand on est à l'intérieur: une capacité de 24 000 spectateurs, ce n'est pas rien.

J'ai beaucoup apprécié la visite des Arènes, le site est admirablement conservé, les commentaires audio très instructifs, et la vue sur la ville depuis les gradins d'en haut est superbe. Dommage que le vertige se soit rappelé à mon bon souvenir à ce moment-là, hihi.

Les Arènes sont à mes yeux un concentré de l'idée que je me fais des Romains: un peuple tout en contrastes et en contradictions, à la fois raffiné et bestial, ultra-sophistiqué et ultra-barbare, capable de réaliser des prouesses d'architecture et d'ingénierie, mais aussi capable de livrer des hommes ligotés à l'appétit des fauves et même aux pulsions meurtrières des spectateurs.


Autant les Arènes de Nîmes sont capables de laisser une empreinte de passion violente et de prestance, autant le Pont du Gard vous met une baffe monumentale. Ce Pont est clairement un incontournable. Beau, majestueux, intemporel... je crois que le mot que je cherche est "parfait".

Et là encore, je suis médusée par la culture Romaine. Quand on y pense, peu de civilisations ont laissé autant de marques indélébiles de leur culture et de leur vie. Quand on pense que le Pont du Gard était à la base un aqueduc qui alimentait Nîmes en eau, on peut se dire que les Romains savaient allier l'utile à l'agréable!

Chapeau bas pour la préservation du site: pas de vendeur de souvenirs à l'horizon, pas de construction hideuse qui viendrait gâcher la beauté du décor. Simplement une nature généreuse comme on peut la trouver dans le coin. Et bien sûr le vent, toujours présent, et jamais là où on l'attend.

Laissons plutôt Stendhal décrire cet endroit, il le fait si bien dans ses Mémoires d'un touriste:

"Par bonheur pour le plaisir du voyageur né pour les arts, de quelque côté que sa vue s’étende, elle ne rencontre aucune trace d’habitation, aucune apparence de culture : le thym, la lavande sauvage, le genévrier, seules productions de ce désert, exhalent leurs parfums solitaires sous un ciel d’une sérénité éblouissante. L’âme est laissée tout entière à elle-même, et l’attention est ramenée forcément à cet ouvrage du peuple-roi qu’on a sous les yeux. Ce monument doit agir, ce me semble, comme une musique sublime, c’est un événement pour quelques cœurs d’élite, les autres rêvent avec admiration à l’argent qu’il a dû coûter."


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