mardi 12 mai 2009

L'art de se faire des noeuds au cerveau... 2



Si vous êtes un lecteur de la première heure de ce blog, vous vous souvenez peut-être d'un article intitulé L'art de se faire des noeuds au cerveau, dans lequel j'avouais piteusement me prendre la tête sur un plat de fraises que je n'osais pas rendre aux voisins.

Et bien ça ne s'arrange pas, ça devient même carrément pathétique.

Figurez-vous que nous avons d'autres voisins que ceux du plat de fraises: au rez-de-chaussée, il y a un couple de la trentaine qui a l'air très sympathique. Ce sont des voisins comme on les aime: ils sont très discrets, disent bonjour avec le sourire, font des gouzi-gouzi à piti Lucas quand ils le croisent. Pour ne rien gâcher, ils ont décoré leur appart avec goût, et ça compte quand on sait qu'ils habitent au rez-de-chaussée et que la première chose que l'on voit quand on arrive au pied de notre immeuble... c'est la vue plongeante sur leur cuisine super-high-tech-super-déco-super-tendance. Pour couronner le tout, il s'échappe régulièrement de chez eux des odeurs de cuisine si appétissantes que je soupçonne le gars de vivre de ses talents de cordon bleu.

Excellente nouvelle pour eux: madame attend un heureux événement.

Ma propre grossesse n'étant pas si lointaine (deux ans et des brouettes), je me reconnais un peu dans cette jeune femme, ou au moins on peut dire que j'ai une petite idée de ce qu'elle vit. Je me souviens très bien qu'en fin de grossesse un matin je me suis mise à perdre du sang et, comme Sam travaillait, j'ai dû gérer ça toute seule et aller à l'hôpital par mes propres moyens, ce qui était ce que je pouvais faire de plus dangereux. Ce n'est pas le souvenir le plus glorieux de mon accouchement, pour être honnête.

Il m'est donc venu une idée toute simple: je dois aller frapper à leur porte et donner mon numéro de téléphone à cette jeune femme. Si elle a un souci, si elle sent qu'elle va accoucher ou... quoi que ce soit d'autre, et que son compagnon n'est pas là, il faut qu'elle puisse m'appeler pour que je descende en quatrième vitesse pour l'aider.

Voilà, c'est tout simple, non? Rien de tordu ni de compliqué là-dedans. Eh ben j'y arrive pô :-(

Je me fais mille scénarios débiles: ils vont trouver que je m'incruste dans leur vie? ils vont me trouver totalement bizarre? ils vont se dire qu'ils ont l'obligation de nous inviter à bouffer s'ils acceptent mon aide? ils vont me prendre pour une boy-scout euh girl-scout?



Pffffffffffffff...

Je me fatigue moi-même, je vous jure. Ça pourrait être tellement simple...

Le fait de l'écrire me fait encore plus prendre conscience de toute l'absurdité de mes cogitations et augmente mon malaise.



Bon allez zou: Sainte Véronique priez pour moi, je dois prendre mon courage à deux mains et aller frapper à cette porte au rez-de-chaussée dès demain.

Voilà, maintenant que j'ai écrit que je le ferais, je n'ai plus le choix, je suis obligée de le faire. Et pan dans le pif de mes interminables cogitations. On va pas se laisser emmerder par des cogitations à deux balles, non?

Nan mais oh.

5 commentaires:

Lulu a dit…

Allez courage !!! Tu seras fière comme une crotte après (j'aime bien l'expression).

Feldwyn a dit…

Bon ça y est, je l'ai fait! Je n'ai probablement jamais autant bafouillé de ma vie, j'aurais dû leur donner un décodeur inter-galactique en même temps que mon numéro de téléphone!
En tout cas, ils ont eu l'air ravis. Surpris, mais ravis.
Cool, je suis contente de moi: pas pour le fait d'avoir donné mon numéro de téléphone, mais pour le fait d'avoir surmonté ce que je me représentais comme une montagne. Yessssssssss :-)

Fière comme une crotte? Oui, il y a de ça, c'est vrai!

Au fait, "Lulu" est-elle la maman de Ludivine ou la maman de Lucile? Je parie sur Stéphanie, me gourre-je?

Lulu a dit…

Bravo !!
Par contre pari perdu, je suis la maman de Joachim

Feldwyn a dit…

Bienvenue, maman de Joachim (quel joli prénom)!

Pour en finir avec cette histoire, Sam a croisé les voisins dans le couloir, ils nous ont invités à prendre l'apéro... Qu'est-ce que je disais! Ils se sentent obligés de nous inviter, tout ça parce que j'ai donné notre numéro de téléphone. Mwarf, c'est un moindre mal, ils ont l'air charmant, et un apéro c'est un moment convivial qui n'engage à rien. Qui sait, on a peut-être là l'occasion de rencontrer des gens super! On verra :-)

Gablebo a dit…

Ça y est ! J'ai réussi ! Je l'ai fait !

Ça fait un mois que j'hésite à commenter ce post, est-ce que tu ne vas pas le prendre comme une insertion dans ton blog ? Est-ce que tu vas te sentir obligé de m'inviter à prendre l'apéro ? A me répondre "oh Gab, comment tu vas au fait" ?
Je voudrais remercier mon psy sans qui ce message n'aurait pas été possible :p.


Bon, plus sérieusement, ça m'étonne pas que tu aies des insomnies, avec des raisonnements pareils !
(ah bah non c'était plus beaucoup plus sérieux en fait...)

@+ ;-)