mardi 11 août 2009

New York City: Jour 1



Si je devais donner deux qualificatifs à la semaine que nous venons de passer à New York, je choisirais "exceptionnel" et "extraordinaire". New York ne peut laisser personne indifférent. J'entends souvent dire à son sujet qu'on l'aime ou qu'on la déteste. New York est unique et multiple. Chaque quartier est une ville différente. En une semaine, nous n'avons pas pu tout voir ni tout faire... mais ce que nous avons vu nous a franchement emballés!

Fraîchement arrivés à l'aéroport JFK le samedi soir, nous avons attaqué la journée du dimanche avec enthousiasme et forme olympique.


Harlem
A peine sortez-vous du métro que vous débouchez sur l'avenue Malcolm X. Voilà, le ton est donné, je crois.


S'il y a bien un jour où il faut se promener dans Harlem, c'est le dimanche: je tenais absolument à assister à une messe à Harlem, principalement pour son Gospel. Nous avons vite fui devant la longueur des files d'attente de touristes (dont énormément de Français) devant les plus grosses églises, pour nous rabattre sur une petite église Baptiste.

C'était... décoiffant. Le jeune pasteur (ou quel que soit le nom qu'on leur donne) a animé un show, il débordait d'un enthousiasme qui s'est progressivement transformé en véritable hystérie, une sorte de crise mystique à la limite de la transe.

Son discours était par moments difficilement compréhensible pour nous: un débit très rapide, un ton allant crescendo, un "amen" tous les deux ou trois mots... mais ce que j'en ai compris m'a paru radicalement différent de ce que j'ai pu entendre au cours des messes catho en France (euh à l'époque où il m'arrivait de m'égarer à la messe, on va dire il y a plus de 20 ans). Dans cette église baptiste, interdiction de déprimer, c'est le maître-mot du sermon: l'idée est qu'il est un péché de déprimer et de se laisser abattre alors que Dieu est à nos côtés. "Enjoy life" est un message qui vous est enfoncé dans le crâne non pas à coups de Bible mais à coups de Gospel.

Et d'ailleurs, sur le banc ce n'est pas une Bible qui vous attend, mais bien un recueil de partitions!

Les chants ont été assez rares, ou du moins plus rares que ce à quoi je m'attendais, cependant ils ont l'incroyable don de vous donner le sentiment d'appartenir à une communauté, de faire partie d'un tout. Ces gens-là vivent leur foi avec une telle joie, une telle simplicité, et avec un tel sens de la communauté, que vous ne pouvez vous empêcher de vous laisser toucher par la grâce... ou au moins par la quiétude.


Quelques pas au hasard dans Harlem, et vous vous rendez compte qu'il y a une église toutes les quatre ou cinq maisons. Vous longez le mur d'une école, d'abord surpris par un panneau indiquant que c'est une école sans drogue (encore heureux, non?), puis attiré par des dessins aux couleurs très vives et au message sans équivoque: "Yes we can, yes we will, yes we did".

Enfin, vous ouvrez avec un peu d'hésitation la porte d'un petit restaurant sans prétention où on vous sert de la "soul food": celle des chanteurs de blues, celle de la Nouvelle Orléans et de la Louisiane, dans une ambiance bon enfant et où les gens vous sourient, le tout sous le regard bienveillant de Barack Obama, dont la photo trône fièrement sur le comptoir, avec écrit en lettres dorées "Yes we can".


Cathedral Church of St John the Divine

Nous n'avions pas l'intention de visiter cette cathédrale, mais quand vous vous promenez dans Harlem vous ne voyez qu'elle, tout simplement parce qu'elle est monumentale.

Le Lonely Planet indique même que cette cathédrale est non seulement le plus vaste lieu de culte des Etats-Unis, mais également le troisième du monde, après la basilique Saint-Pierre du Vatican et Notre-Dame à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire. Belle bête, donc.


Admirons le Ring of Kingdom dans les jardins attenants à la cathédrale. Au milieu, cette surprenante sculpture, et tout autour des plaques de métal portant des citations de personnes aussi diverses que Chagall, Rudyard Kipling, Ray Charles, John Lennon, Gandhi.

Engouffrons-nous dans l'immense édifice, et étonnons-nous devant sa rosace magnifique, ses orgues époustouflantes, ses sculptures aux lignes épurées. Majestueux. C'est beau, très beau même, mais quel contraste d'ambiance avec la messe du matin avec notre pasteur survolté!





Central Park
Central Park est une véritable oasis, un écrin de verdure totalement incongru au beau milieu de toute l'agitation de Manhattan.


On sous-estime facilement les dimensions de ce parc: il nous a fallu environ trois heures pour le traverser. En voulant reposer un peu nos pieds douloureux, nous avons constaté que chaque banc portait une petite plaque de métal sur lequel un message était gravé, à la mémoire d'un disparu.

Y aller le dimanche est une bonne idée: tous les New Yorkais y sont! Et ils y font du sport: footing, vélo, roller, trottinette, baseball, football, aviron. Mais aussi on se dore la pilule, on écoute de la musique, on se promène, on assiste à une pièce de théâtre en plein air, on fait un tour en calèche ou en barque, on donne à manger aux canards. On y admire les lacs, les forêts, les cascades, les statues, les écureuils, les oiseaux.


Très sincèrement, c'est un très beau parc.

Avec un taux d'humidité avoisinant les 90% en été, on ne s'étonne pas de trouver une nature aussi généreuse et verdoyante.

Le petit plus, c'est qu'à travers les feuillages des arbres immenses, on aperçoit quelques tours de verre, et on se rappelle alors avec surprise... qu'on est à Manhattan.

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