Je sais, ça fait bien longtemps que mon blog est endormi. La faute à pas le temps, tout simplement. Je n'ai pas fini de raconter mon voyage aux Etats-Unis, je fais juste un article "entracte" car le thème est d'actualité. Je suis intimement convaincue que les blogs d'aujourd'hui sont les archives de demain: d'innombrables témoignages, non pas des articles qui décrivent froidement les faits historiques, mais des tranches de vie totalement subjectives, le ressenti d'une population à un moment donné.

Ces derniers mois ont été marqués par le doute, l'indécision, mais aussi la frustration voire la colère: quel comportement adopter face à la grippe A(H1N1)? Faut-il se faire vacciner et faire vacciner ses enfants? Après tout, ce n'est peut-être qu'une grippette? Pour la première fois de ma vie, on m'a demandé de faire un choix qui aurait un impact potentiel sur la santé de mon fils. Prendre des décisions ne me pose pas de problème, tant qu'on me donne les éléments nécessaires à la prise de décision. Or là... les médecins ont botté en touche pendant un bon moment... jusqu'à ce que mon médecin généraliste et le pédiatre se montrent plus pressants: Lucas étant un pro de la bronchiolite, il était plus sage de le faire vacciner.
Nous voici donc partis samedi 5 décembre au centre de vaccination où nous étions référencés. L'ambiance de ces séances de vaccination en masse est glauque. On ne peut s'empêcher d'avoir envie de faire "bêêêêêêêêêêêêê" quand on patiente avec son ticket numéroté à la main, quand on bondit quand le numéro est appelé, quand on passe tous à la chaîne devant le médecin qui détermine quel vaccin est le plus approprié à votre cas, quand on défile dans les pièces froides et lugubres pour se faire piquer par une infirmière qui sourit mais qui estime que le port de gants est superflu. Avant que vous ne partiez, on vous prévient qu'il risque d'y avoir quelques effets secondaires bénins. Soit.

La nuit qui a suivi a été assez difficile: Lucas a mal supporté le vaccin (il a pourtant heureusement eu droit au vaccin sans adjuvant, lui). Scotché entre 39 et 40 de fièvre, tremblements, claquements de dents... nos alliés habituels Doliprane et Advil se sont montrés impuissants. Pour ma part, j'ai eu le bras très endolori pendant quatre jours (plus qu'avec le vaccin contre la grippe saisonnière), mais rien de bien méchant. Une fois ces effets indésirables passés, j'ai ressenti de la satisfaction et du soulagement suite à cette vaccination: au moins, cette vacherie de grippe ne nous aurait pas. Et toc.
La vie normale reprenant son cours, j'ai effectué mercredi 9 décembre un de ces innombrables déplacements parisiens qui caractérisent mon job. Complètement écrasée au milieu des millions d'usagers de la RATP, je me faisais la réflexion que les transports en commun étaient probablement le vecteur de contagion numéro un, étant donné qu'on est tous collés les uns aux autres, que personne ne porte de masque ni de gants, et que tout le monde partage les mêmes rampes et les mêmes poignées pour s'accrocher. J'ose espérer que ces mêmes rampes et poignées sont désinfectées au moins une fois par jour... uh?

Une trentaine d'heures plus tard, les premiers symptômes sont survenus. Fièvre carabinée (je crois bien que j'ai déliré), migraine qui vous fait mal jusque dans les dents, grosses courbatures dans le haut du dos et la nuque, et impossible d'avaler quoi que ce soit tant la gorge est douloureuse. J'ai donc consulté mon médecin le lendemain, en lui disant que j'avais probablement une angine. Il a eu l'air désolé de me contredire: pour lui, c'était la grippe A(H1N1). Je n'arrivais pas à y croire: j'avais assez manqué de bol pour me faire contaminer juste après m'être fait vacciner? Je n'y croyais toujours pas... jusqu'à ce que je voie marqué "Tamiflu" sur mon ordonnance. Dépitée.
Les jours qui ont suivi sont encore un peu flous pour moi. Je n'avais jamais eu de grippe (même "classique") auparavant, donc je ne sais pas si celle-ci s'est montrée particulièrement virulente ou non. Les premiers symptômes sont apparus le jeudi 10 décembre au soir. Nous sommes aujourd'hui le mercredi 16, et je suis à plat. Tellement à plat que je ne peux pas monter les escaliers, ni étendre le linge, ni marcher deux pas sans m'arrêter pour souffler. Manger, même, me fatigue.

Peut-être un peu protégée par le vaccin qui est en train de monter en puissance (dixit les médecins), je n'ai pas eu de complication genre pneumopathie. Juste une alerte qui a valu un aller-retour aux urgences dimanche après-midi (pourquoi les urgences tombent-elles toujours un dimanche ou un jour férié?): un oedème du larynx sévère, qui a tellement gonflé les parois de mon larynx que ça a rétréci le canal respiratoire. Bref, je m'étouffais. Rien de dangereux, mais ça reste spectaculaire. Voyons le bon côté des choses: c'était peut-être là l'unique occasion de ma vie de savoir ce qu'on ressent lorsqu'on se fait étrangler :-)
Je n'ai pas d'amertume par rapport à la vaccination: j'ai manqué de bol, c'est tout. Il est vrai cependant que la vaccination est peut-être arrivée un peu tard. Pour ma part, ça s'est joué à une semaine près. Mais je reste convaincue que cela reste un choix valide: cette grippe m'a réduite à l'état de brin de paille, je préfère ne pas imaginer les effets sur quelqu'un d'affaibli, ou sur un enfant. Vous serez heureux d'apprendre que piti Lucas n'a pas été contaminé, puisque je suis en quarantaine depuis l'établissement du diagnostic :-)
La vaccination reste, bien entendu, un choix qui appartient à chacun.
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