
Cette journée était placée sous le signe du dépaysement le plus total. Des excursions où tous nos sens étaient en éveil: jeux de couleurs, odeurs surprenantes, saveurs exquises.
Pour clôturer le tout, une soirée magique et romantique (ben oui quoi, c'était notre voyage de noce quand même).
China Town
Voici une image qui ne doit pas trop surprendre les Européens que nous sommes, mais qui est carrément incongrue dans le paysage américain.
Imaginez un univers où les aliments sont tous conditionnés sous cellophane ou bien enduits d'une sorte de cire liquide qui les maintient "comme neufs", tout brillants (et c'est véridique: j'ai déjà vu un employé d'un supermarché américain armé d'une sulfateuse --comme celles utilisées pour appliquer de l'insecticide-- pour balancer cette "cire" sur les fruits et légumes pour les rendre plus appétissants). Des étals de légumes en plein air tels qu'on en rencontre à China Town sont clairement incongrus dans cet univers.
Regardez sur la gauche de la photo les "haricots-kilomètre", que j'avais déjà découverts lors d'un précédent voyage à Tahiti: ce sont comme des haricots verts, sauf qu'ils sont très très longs... et je trouve le goût un peu différent personnellement.
Voici une des innombrables ruelles qui parcourent China Town. Salons de massage, coiffeurs, ongleries. Bijouteries. Massage du pied et du crâne. Banques, boutiques de fringues. Sophrologie. Boutiques de contrefaçon ayant pignon sur rue (?!?!?).
Et bien sûr... les restaurants! Je vais peut-être vous surprendre, mais sachez que le meilleur souvenir culinaire de ce voyage à New York reste indéniablement pour nous China Town.
Nous avons choisi ce restaurant un peu au pif. On ne voyait rien à travers les vitres fumées, mais beaucoup de monde semblait entrer là-dedans, alors on s'est lancés. Nous avons été surpris par les dimensions de la salle: immense et remplie de monde. Il faut savoir que nous étions les seuls non-asiatiques de la salle :-)
C'est la première fois qu'on me fait partager la table de quelqu'un d'autre au restaurant, avec une table ronde c'est un peu... inattendu mais pas désagréable finalement. Une petite vieille déambule dans le restaurant en poussant un chariot rempli de bouffe: voilà qui est plus facile pour choisir les plats, parce qu'honnêtement leur menu j'y pige que dalle. Et encore, ils nous ont dégotté une serveuse qui parlait anglais, sinon c'était pas gagné. Rien que pour avoir une bière, vous avez beau dire "Tsing Tao" il doit y avoir quelque chose dans votre accent frenchie qui fait qu'on ne comprend pas forcément ce que vous demandez.
Indéniablement le meilleur souvenir culinaire de notre séjour! Non seulement c'était franchement délicieux, mais en plus le cadre était vraiment "typique" (pas un truc à touristes, quoi) et comme d'habitude les Chinois sont d'une gentillesse...
Voici une pharmacie traditionnelle chinoise. Très jolie, très pleine de trucs et de machins, de poudre de corne de yack et je ne sais quels autres ingrédients rares aux vertus magiques.
Je ne me moque pas, je n'y connais rien (chacun son job). Je trouve juste l'endroit très joli et intimiste.
Voilà une chose que l'on rencontre à tous les coins de rue à China Town: des vendeurs de litchis frais.
Je n'en ai pas acheté, mais j'aurais dû, rien que par curiosité.
De temps en temps, ils vendent aussi des haricots-kilomètres ou des fruits que... je n'ai pas réussi à identifier!
Par exemple, est-ce que quelqu'un saurait me dire le nom des fruits qui se trouvent à gauche des litchis sur l'étal de la dame?
Nous voici à l'intérieur du temple bouddhiste de China Town. J'avoue avoir hésité avant d'y rentrer, car c'était avant tout un lieu de culte, mais une fois à l'intérieur on se rend vite compte que le touriste y est le bienvenu: entre le vendeur de bijoux, l'urne à prophéties payantes et le simple don traditionnel, on se sent vite "à l'aise".
Quoi qu'il en soit, cet endroit est assez agréable. Un peu "bling-bling", mais après tout s'il vous arrive de faire vos courses dans un supermarché chinois, vous remarquerez souvent ce goût pour le bling-bling: alliances rouge et or, courbes alambiquées, franges olé-olé, luminaires énormes et peu discrets... là encore n'allez pas croire que je me moque: j'ai de la sympathie pour ce peuple et sa façon de vivre.
Voici la devanture de l'un de leurs innombrables supermarchés. Miam les mochis (tiens, je croyais que c'était japonais?!?!). Par contre, je m'interroge un peu sur les champignons qui trempouillent dehors dans une eau noirâtre alors qu'il fait 38°C et qu'un orage pète tous les soirs. Surprenant que les autorités américaines autorisent ça, alors qu'ils nous interdisent d'importer du camembert (eheh). Ah ben ça explique peut-être pourquoi le monsieur qui tenait le magasin ne voulait pas qu'on prenne de photos à l'intérieur... ;-)
Les supermarchés et les étals d'aliments dans des conditions de conservation que nous qualifierons de naturelles ne sont pas les seuls éléments en contradiction avec la politique habituellement appliquée dans le reste de la ville. J'ai trouvé Manhattan sale. Très sale, horriblement sale. Pire que Paris, c'est pour dire. Eh ben désolée si ça en choque ou déçoit certains, mais China Town c'est vraiment le coin le plus crade de Manhattan. Ça pue, il n'y a pas d'autre mot. Un mythe s'effondre? Désolée...
Mais attention, malgré ça nous avons quand même énormément apprécié nous promener dans ce quartier. Et pas seulement pour la bouffe! Passer la journée à China Town, c'est le dépaysement assuré.
Promenez-vous calmement dans Columbus Park, passez en silence entre les tables de joueurs de Mah-Jong, très animées parfois. Marchez encore un peu, assez-vous sur un banc, et laissez-vous bercer par les gestes lents et sûrs de toutes ces personnes qui font du tai-chi dans le parc. Des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, tous au tai-chi... ils finissent par vous donner des complexes!
En tout cas, je note dans un coin de mon cerveau: *A faire un jour: assister au défilé du Nouvel An Chinois à China Town, NYC*.
Little Italy
Little Italy est vraiment collée à China Town. Comme on peut le voir sur cette photo, les deux quartiers semblent clairement délimités par une rue. De chaque côté de la rue, on ne parle plus la même langue et on n'utilise même plus le même alphabet.
A savoir qu'aujourd'hui Little Italy se résume à "Nolita", c'est-à-dire "North of Little Italy". Tout petit. Deux rues au maximum, peut-être trois.
J'ai été déçue par Little Italy. Les vagues d'immigration italienne ont été tellement importantes, je m'attendais à retrouver leur quartier tel qu'il était à la fin du XIXème siècle: imposant, coloré, vivant... Eh bien non, cette époque est révolue, bien révolue.
Les rares commerces qui subsistent dans ce quartier sont tenus par... des Chinois. Vous êtes surpris? Moi pas.
Quelques guirlandes aux couleurs italiennes ornent les deux ou trois rues du quartier. Quelques restaurants italiens attirent votre oeil toulousain par leurs terrasses accueillantes. Vous passez devant une de ces terrasses en réfléchissant déjà au resto chinois que vous allez choisir dans le quartier d'à côté, et un serveur à l'accent italien (vrai ou faux?) vous arrête et vous dit du ton le plus assuré du monde: "Une table pour deux, c'est bien ça?".
Mwarf. Sacrés Italiens, par pitié, ne changez jamais, on vous aime trop tels que vous êtes :-)
En tout cas, je note dans un autre coin de mon cerveau: *A faire bientôt: prévoir des vacances en Italie, depuis le temps que j'en rêve et depuis le temps que je n'ai pas pratiqué la plus belle langue du monde. Florence, Rome... Ah là là*.
Manhattan by night... sur l'eau
Soirée romantique par excellence!
Voici Manhattan telle que je ne l'avais encore jamais vue: sur l'eau, et de nuit.
Je pense que vous me croirez facilement si je vous dis que la magie opère, et à merveille en plus.
Vous connaissez inévitablement les bateaux qui opèrent cette croisière: vous souvenez-vous de cette histoire incroyable d'un Boeing qui s'était "posé" dans l'Hudson River? Tous les passagers de ce vol avaient été récupérés par des bateaux du même type que celui à bord duquel nous avons fait cette croisière. Un Boeing qui se pose en douceur sur l'eau... un vrai miracle. Je ne suis pas surprise: s'il y a bien un endroit où tout semble possible, c'est bien New York!
La croisière dure 90 minutes. Vous commencez en début de soirée alors qu'il fait encore jour, puis au moment où le bateau fait demi-tour pour faire le chemin en sens inverse la nuit tombe petit à petit.
Voici le Manhattan Bridge, juste avant qu'on passe dessous. Pas aussi beau que le Brooklyn Bridge à mon goût, mais superbe tout de même, vous ne trouvez pas?
La nuit commence à tomber, les buildings s'illuminent petit à petit.
Voici mon building préféré: le Chrysler Building. Qu'est-ce qu'il est beau! Quelle architecture élégante!
Je n'y connais strictement rien en architecture, mais même une béotienne comme moi est frappée par la perfection, l'originalité et l'esthétique de ce building.
Assister à l'illumination nocturne de sa flèche est comme un privilège, un cadeau que vous offre la ville dans sa grande bienveillance.
J'ai entendu dire que le Chrysler Building était le building préféré des New-Yorkais. Quelle évidence :-)
La croisière est commentée par un guide. Il est bon, très bon même. Au fur et à mesure que la nuit tombe et que les fenêtres des buildings s'allument une à une, la voix du guide se fait un peu plus douce. Les commentaires commencent à s'espacer.
Peu à peu, les passagers de la croisière se font silencieux. On ne parle plus, on chuchote. Nos yeux boivent ce qu'ils voient.
On regarde avec un air ahuri cette vie de lumière qui se déploie devant nous, lentement mais sûrement.
Je vous encourage à cliquer sur cette photo pour la voir en grand. C'est bien sûr à des années-lumière de ce que nous avons vu, la photo ne rend pas aussi bien que je l'espérais naïvement, mais je pense que ça peut quand même donner une idée de ce que nous avons admiré pendant une heure et demie.
Le bateau s'éloigne de Manhattan, nous nous dirigeons vers la Statue de la Liberté.
Elle vaut certes le détour de nuit, mais mes yeux ne se détachent pas de Manhattan.
Qu'est-ce que j'aime New York...
En tout cas, je note encore dans un autre coin de mon cerveau: *M'en fous, je reviendrai. Et je reviendrai encore. Et encore et encore et encore et...*.
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