vendredi 1 mai 2009

Un mouton, deux moutons, trois moutons...



On entend souvent parler d'insomnie, c'est un terme banal qui décrit d'une manière générale des soucis de sommeil, et pour la plus grande majorité d'entre nous, des difficultés d'endormissement.

Je ne suis certes pas une experte médicale de l'insomnie, mais en tout cas on peut dire que j'ai une expérience de presque dix ans dans le domaine (qui a dit "dix ans ça se fête"? eheh).

L'insomnie est un véritable cercle vicieux physiologique: vous commencez par avoir un peu de mal à vous endormir le soir. Rien de bien inquiétant, vous dites-vous: ça arrive à tout le monde au moins une fois au cours de la vie. Vous, ça vous arrive un peu plus souvent, voilà tout.

Mais voilà que vous commencez à vous réveiller de temps en temps au cours de la nuit. Deux ou trois fois. A chacun de ces réveils, vous faites "la crêpe" dans le lit: on se tourne à gauche, puis à droite, puis à nouveau à gauche. La crêpe, quoi. La difficulté de réendormissement se présente à chaque réveil.

Au bout de quelques années à ce rythme amusant, vous basculez dans l'insomnie dite "terminale". Le terme "insomnie terminale" sonne un peu comme un glas et a un caractère définitif qui effraie un peu, mais en fait cette insomnie est dite "terminale" parce qu'elle intervient en fin de sommeil, et non parce qu'elle est définitive. Le soir vous sombrez super facilement, à tel point que vous voyez rarement plus d'une heure de film. Mais inévitablement au bout de cinq heures de sommeil, soit vers trois heures du matin, vous vous réveillez... pour ne vous rendormir que vers six heures du mat, juste avant que le réveil ne sonne.


L'astuce la plus évidente consisterait à se forcer à ne pas sombrer si tôt le soir pour que le réveil se fasse à une heure plus raisonnable, mais ce serait trop simple: quoi qu'il arrive, vos yeux s'ouvrent à 3 heures du mat. Un réveil précoce inévitable.

On m'a déjà dit que je ne réalisais pas ma chance, et que je devrais profiter de ce "blanc" de trois heures dans ma nuit pour faire des choses que je n'ai jamais le temps de faire: écrire un article sur mon blog (hihi), avancer plus vite dans le relooking de la cuisine (je continue, mais une tortue irait plus vite que moi), écrire ce livre qui attend d'être écrit depuis si longtemps (un jour peut-être?), et tant de choses que je me promets de faire quand je serai à la retraite (mwarf)... à condition que la retraite existe encore à ce moment-là (re-mwarf).

C'est sûr que ce serait génial de profiter de mes insomnies pour faire tout ça. Mais quand vous vous réveillez dans le cadre d'une insomnie terminale, vous ne vous lancez pas dans ce genre d'entreprises constructives, pour deux raisons:
1- Même au bout de dix ans, vous avez toujours espoir que vous allez vous rendormir tout de suite.
2- L'insomnie terminale se reconnaît par trois caractéristiques: un endormissement lourd et rapide le soir, un réveil très précoce, et... des idées noires plein la tête pendant la période d'éveil nocturne. Quand mon cerveau fatigué et imaginatif se met à conceptualiser tout un tas de scénarios tous plus catastrophiques les uns que les autres (et on peut dire que par les temps qui courent c'est pas les scénarios qui manquent), je n'ai pas franchement envie de repeindre ma cuisine :-)


A mon réveil à trois heures du matin, je ne fais qu'une seule chose: je regarde la T.V. Pas terrible, me direz-vous, puisque la télévision est réputée pour son impact nocif sur le sommeil. Mais c'est pour moi une solution bien adaptée:
- J'évite de troubler le sommeil de Sam en faisant la crêpe dans le lit.
- Je suis confortablement installée et allongée dans le canapé, prête à accueillir le sommeil (même si c'est au bout de trois heures).
- L'immersion dans un monde fictif m'aide à me détacher de mes scénarios-cata. De la pure stratégie d'évitement. J'ai essayé de bouquiner, mais ça n'a pas fonctionné, mon esprit s'échappe rapidement et retombe dans ses sinistres travers. Pas question bien sûr de regarder quelque chose qui pourrait alimenter mes scénarios: surtout pas les infos, ni de film triste, ni de film trop réaliste. Par les temps qui courent, je ne vais pas tenter de regarder L'armée des douze singes, par exemple, hihi. Voilà pourquoi je regarde autant de séries télévisées, dont beaucoup de science fiction: c'est léger, loin de moi, et distrayant. Je crois que c'est la quatrième ou cinquième fois que je regarde les huit premières saisons de Stargate SG-1.

Même si j'ai fini par accepter qu'elles fassent partie de moi, je ne vis pas toujours bien ces insomnies, parce qu'elles ne sont pas supposées exister dans une vie dite "normale", parce qu'il arrive qu'elles déclenchent chez moi des accès d'irritabilité, parce qu'il arrive que j'aie quelques troubles de la concentration dans la journée, et aussi parce que je préférerais nettement passer l'intégralité de ma nuit auprès de Sam.

Tout à fait paradoxalement, je n'ai jamais pris aucun somnifère de ma vie. La raison en est simple: j'ai foi en un rétablissement naturel de la situation. Comme quoi... ne pas dormir ne m'empêche pas de continuer de rêver :-)

N'allez pas croire que j'écris cet article pour me faire plaindre, je l'écris pour diverses raisons:
- L'insomnie peut être un véritable enfer, cela n'est pas mon cas. Je préférerais que l'insomnie ne soit pas là, mais je vis avec et je m'en accommode.
- Je constate souvent que l'insomnie est un mal qui est à la fois extrêmement connu et tellement méconnu. J'en parle avec ma petite expérience à moi, mais je ne suis pas un dictionnaire médical.
- L'insomnie tient une place importante dans ma vie. Ce blog est le mien, il est naturel que j'y mette des morceaux de moi de temps en temps.

"Des morceaux de moi". Dit comme ça, ça fait beurk!



Sur ce, je vous souhaite une douce nuit...



Aucun commentaire: